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Les brèves

01 septembre 2022 à 15:27

'Belmondo l’incorrigible', un nouveau regard sur l’acteur et sur l’homme, tout en archives

Disparu le 6 septembre 2021, Jean-Paul Belmondo a laissé une marque indélébile sur le cinéma français, mais aussi international. À la fois acteur des débuts de la Nouvelle Vague, figure populaire et véritable cascadeur, le documentaire "Belmondo l’incorrigible", en combinant archives et extraits de films, invite à aller au-delà de l’acteur et présente un portrait intime de l’homme qu’il était. Loïc Bouchet, producteur chez Les Bons Clients, et Christophe Bochnacki, président de Balanga, distributeur international du programme, nous détaillent les intentions de ce documentaire à découvrir le 5 septembre sur France 3.

Unifrance : Un an après sa disparition, ce documentaire est un bel hommage à Jean-Paul Belmondo, est-ce dans cette optique que le projet a vu le jour ? Pouvez-vous nous parler de sa genèse ?

Loïc BouchetLoïc Bouchet Loïc Bouchet : À l’heure où l’on s’apprête à commémorer sa disparition il y a un an, on croit tout connaître de l’acteur aux 90 films et aux 160 millions de spectateurs, véritable icône du cinéma… Et pourtant on se trompe car il restait à découvrir l’essentiel : l’histoire intime d’un homme qui, contrairement aux apparences, eut un destin semé d’embûches.

Le film lève le voile sur une enfance fondatrice qui lui a permis de surmonter bien des obstacles toute sa vie grâce aux figures tutélaires de son père et de sa mère. Ce qui lui a permis de rester toujours fidèle à lui-même, à la vie comme à l’écran. Lui qui n’eut qu’une seule passion, de Godard à de Broca, de Lautner à Lelouch : distraire le public par son sourire, son naturel, son énergie, ses cascades…

C’est tout cela qui a convaincu le réalisateur François Lévy-Kuentz de se lancer avec nous, Les Bons Clients, dans cette passionnante mais exigeante aventure en octobre 2020 il y a 2 ans.

Le film, en deux parties, retrace la carrière de "Bébel" depuis ses débuts, et est essentiellement composé d’extraits et d’archives. Pourquoi ce parti-pris et comment s’est déroulé ce travail de collecte documentaire ?

LB : Nous voulions  raconter ce qui restait à découvrir sur l’acteur et sur l’homme, un récit intime de Belmondo. Pour y parvenir, il fallait le raconter de l’intérieur, à l’appui de ses films bien sûr, mais aussi de son autobiographie, et en dénichant les meilleures pépites d’interviews et d’archives inédites.

Le réalisateur et ses documentalistes ont pour cela visionné pendant plusieurs mois plus de 1000 heures d’archives – archives vidéo et radiophoniques, photographies et articles de presse – afin de sélectionner les plans qui constituent le film, soit plus de 1000. L’équipe a également revu l’ensemble des 90 films pour en sélectionner plus de 40.

Ce documentaire est une sorte d’autoportrait de Belmondo laissant toute la place à l’acteur, mais aussi à l’homme, afin de raconter son épopée. Le film retrace ainsi la carrière de ce jeune acteur turbulent qui lançait la Nouvelle Vague dans À bout de souffle avant de devenir le Bébel populaire, justicier indestructible et provocateur.

En quoi ce documentaire se distingue-t-il des œuvres précédentes sur Belmondo ? À quel public s’adresse-t-il ?

LB : Ce film est le premier documentaire 100% archives levant le voile sur une dimension intime restée méconnue chez Belmondo. Il révèle ainsi l’importance de sa famille et de ses proches pour surmonter les obstacles tout au long de sa vie. Ainsi se dessine le portrait d’un homme qui s’est construit pour se hisser sur les sommets : ses triomphes mais aussi ses épreuves, ses doutes, ses secrets, ses colères, ses clowneries, ses déceptions ou ses drames personnels… Une parole qui nous éclaire sur cet amuseur public acharné de travail et de volonté, pétri d’humour et de gentillesse, qui aimait son public au point de ne jamais refuser d’autographe ou de photos, et ce jusqu’au soir de sa vie.

Quels ont été les partenaires autour du projet (chaîne, équipe artistique…) ? Avez-vous également rencontré des proches de l’acteur ?

LB : Notre toute première démarche a été de rencontrer la famille Belmondo pour leur présenter notre projet et avoir leur soutien. Ensuite, nous avons démarché France Télévisions avec l’ambition de proposer un long format documentaire tout archives avec l’ambition artistique et économique du prime-time, permettant d’acheter les droits des meilleures archives mais aussi de plus de 40 fictions cinéma dont ses films les plus emblématiques et les plus populaires.

Avez-vous des anecdotes à nous partager ?

LB : Jean-Paul Belmondo nous a quitté le 6 septembre 2021 alors que nous étions en pleine production. Nous avons accueilli la mauvaise nouvelle avec beaucoup de tristesse, mais aussi avec un sens des responsabilités. "Jean-Paul Belmondo nous oblige", comme on se l’est sans cesse répété.

Nous avons visionné attentivement tous les portraits courts et longs formats diffusés et rediffusés dans les jours qui ont suivi sa disparition : si nous avons tout de suite vu que les mêmes anecdotes revenaient sans cesse. Ce que nous racontions dans notre scénario d’avant-montage n’était jamais conté. Cela nous a conforté dans la voie qui était la nôtre pour proposer une nouvelle lecture du personnage et non un énième film sur cette star du cinéma.

Véritable icône du cinéma français, la presse internationale lui a également largement rendu hommage. Quelle est sa notoriété dans le monde ?  

Christophe BochnackiChristophe Bochnacki Christophe Bochnacki : Belmondo explose aux yeux du cinéma français et mondial à seulement 27 ans en jouant dans À bout de souffle (1960) de Godard. Il renouvelle les codes du jeu d’acteur avec un naturel jamais vu auparavant. Ce film le propulse au Panthéon des stars mondiales et de véritable égérie des jeunes qui le prénomme "le James Dean français".

Suite à quoi, il reçoit de très nombreuses propositions : il joue dans Moderato cantabile de Peter Brook, avant que le cinéma italien lui fasse les yeux doux. Il va tourner plusieurs films italiens comme La Ciociara de Vittorio De Sica aux côtés de Sophia Loren, ou La Viaccia de Mauro Bolognini, avec Claudia Cardinale.

Lorsqu’il part aux Etats-Unis au bras de la James Bond Girl Ursula Andress, il jouera dans Casino Royale (1967) avant de jouer dans Un homme qui me plaît dont le tournage se déroule en Amérique sous la caméra de Claude Lelouch.

Quant au cercle plus cinéphile, encouragé par les héros ordinaires de la Nouvelle Vague, il a défriché le chemin des stars à l’allure de M. Tout-le-monde pour un bon nombre d’acteurs comme Robert De Niro, Al Pacino et Dustin Hoffman qui allaient dominer le cinéma américain dix ans plus tard. Sans oublier des cinéastes comme Steven Spielberg et Quentin Tarantino qui le considèrent comme une véritable inspiration.

Enfin, Jean-Paul Belmondo a été le premier acteur mondial à faire ses cascades lui-même dès les années 1960, en prenant des risques importants, le plus souvent sans être assuré. Il inspirera de nombreux acteurs, dont un certain Tom Cruise effectuant également ses cascades lui-même.

Mais il ne faut jamais oublier que Jean-Paul Belmondo a également eu une vraie carrière au théâtre au sommet de sa notoriété, pour répondre à l’injonction de son père qui lui demandait "quand est-ce que tu feras ton vrai métier ?". Il a connu un grand succès avec plusieurs pièces de théâtre comme « Cyrano de Bergerac », « Kean », « Les Misérables », les jouant dans de nombreux pays dans le monde. Il connaîtra notamment une tournée triomphale au Japon.

Quelle est votre stratégie pour la distribution du programme, en France puis à l’international ? Ciblez-vous des territoires en particulier pour l’export de ce portrait ? 

CB : Quand Loïc Bouchet m’a proposé la collaboration sur ce projet, je n’ai pas hésité une seconde. Il y deux ans, nous avons eu une formidable expérience avec "La folle aventure de Louis de Funès" ("The Mad Adventures of Louis de Funès"). C’est un portrait de plus grand acteur comique français qui a fait un carton plein à l’international car nous l’avons vendu dans une quinzaine de pays à des diffuseurs comme RTL et WDR en Allemagne, ORF en Autriche, Polsat en Pologne ou Radio-Canada. Nous sommes persuadés que "Belmondo l’incorrigible" s’inscrira dans les pas de son illustre prédécesseur, et fera le bonheur des diffuseurs publics européens, et des plateformes cinéphiles au-delà de notre continent.

Quant à la France, la première diffusion aura lieu le 5 septembre 2022 (veille de l’anniversaire de sa disparition) en prime-time sur France 3.

Vous présenterez le programme lors des Rendez-vous d’Unifrance à Biarritz, avez-vous des attentes particulières concernant ce marché ?

CB : Retrouver la ferveur habituelle d’un marché en présentiel, le plaisir de rencontrer des gens, d’échanger, et de faire du business ! Les Rendez-vous Biarritz est mon marché préféré, car il réunit à la fois un cadre exceptionnel, le temps nécessaire pour faire des rendez-vous, et un large panel des acheteurs étrangers qui partagent avec nous la joie de s’y retrouver. J’espère qu’avec cette édition 2022, on recommencera définitivement à voyager et à participer à des marchés physiques dans le monde entier.

Auteur : Audiovisuel

Dernière mise à jour : 01 septembre 2022 à 15:27 CEST

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