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Les brèves

23 juin 2018 à 16:11

... Alice Damiani, responsable des ventes internationales chez TF1 Studio

TF1 Studio, émanation de la chaîne télé et de son département production cinéma, s'occupe de la vente internationale de films (cinéma et télé) depuis une vingtaine d'années, et gère à la fois un catalogue de films récents et un catalogue – conséquent – de films classiques. TF1 Studio est à Yokohama pour trois films présentés au festival (La Douleur, Et les Mistrals gagnants et Marvin ou la belle éducation), et d'autres films susceptibles d'intéresser le marché, comme Le Petit Spirou ou Lola et ses frères.

UniFrance : Quel est l'état du marché japonais aujourd'hui pour une société de ventes comme TF1 Studio ?

Alice Damiani : Le Japon a toujours été un marché prioritaire pour nous, et le reste. Tout le monde évoque encore avec nostalgie une certaine époque, il y a une vingtaine d'années, où les prix de ventes étaient plus conséquents. Aujourd'hui cela dépend vraiment des films, mais l'avantage ici est que l'on travaille avec des distributeurs de toutes tailles, entre les films d'auteurs et les gros films de divertissement, familiaux, ou les films internationaux. Pour aucune raison nous ne manquerions le Marché du Film Français au Japon car beaucoup de distributeurs se déplacent et cherchent des films français ou francophones. La demande des cinéphiles japonais reste importante. Et puis des films qui ont marché ici nous aident pour de futures ventes. Le fait que Les Innocentes d'Anne Fontaine ait fait plus de 40 000 entrées l'année dernière est un argument de poids pour vendre Marvin ou la belle éducation, de la même réalisatrice, présenté cette année au festival sans distributeur local. C'est un film sur un sujet plus difficile à aborder au Japon, alors on espère que le public et la presse réagiront bien et que cela permettra de déclencher une vente. Plusieurs distributeurs, qui aiment le film et pensent que le sujet de l'homosexualité est important à aborder, mais qui ont du mal à trouver des partenaires sur ce type de film, notamment des cinémas, seront à la projection pour voir la réaction des spectateurs, connaître leurs questions au Q&A. Ce passage en festival est crucial pour eux.

Quels films TF1 Studio est-il particulièrement fier d'avoir vendu au Japon ces dernières années ?

Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu ? est un bon exemple. C'était un défi à relever au Japon car bien que le thème soit assez universel, il n'est pas forcément facile à aborder en fonction de la culture du pays. Et c'est justement grâce à la réaction du public, très positive lors de la projection au festival, que le film a été acheté par Cetera International, qui l'aimait mais "attendait de voir". Au final, il a dépassé les 30 000 entrées, et pour un film français de ce type c'est un très bon chiffre, il est resté longtemps à l'affiche et a fait le tour du pays. Les comédies françaises sont très délicates à vendre au Japon, il n'y a pas forcément les mêmes références, le même humour. Mais avec le succès du Bon Dieu, et le fait qu'un film comme Tout le monde debout ait été récemment acheté, les distributeurs semblent se poser désormais la question de la pertinence de distribuer autre chose que des films d'auteur, des films à costumes ou des films historiques, pour aller aussi vers la comédie. Nous avons un film, Made in China, un peu dans la lignée du Bon Dieu, qui conviendrait parfaitement à ce nouveau désir.
Côté fierté, nous sommes très heureux d'avoir vendu Rémi sans famille, une histoire que les Japonais ont connue il y a longtemps via le dessin animé tiré du roman original, mais qui n'a pas été rediffusé depuis 30 ans, et seule une génération désormais assez âgée le connaît, donc nous avions peur qu'ils passent à côté. Et finalement il va être distribué par Tohokushinsha Film Corporation, qui a eu un gros coup de cœur alors que ce n'est pas tellement leur genre de film, et qui le sortira de manière très large, en version doublée – ce qui est assez rare –, comme un film familial et populaire.

Comment voyez-vous l'avenir du cinéma français en salle au Japon ? La VOD peut-il grignoter et relayer le travail de la salle dans un pays très technophile ?

Il y a de plus en plus de plateformes qui se lancent, mais le Japon n'est pas un pays dans lequel on peut exploiter les films droit par droit, comme dans certains pays. Il y a un système dans lequel on va travailler avec un distributeur qui, lui, gère ses droits, et la salle reste un atout hyper important pour les films. Il est difficile de sortir un film en VOD au Japon sans qu'il y ait aucune promotion, aucune mise en valeur du film, un peu comme en France. On vend parfois des films directement pour la télé japonaise, quand on a un casting important mais qu'on n'a pas trouvé de salle pour le sortir, mais cela reste exceptionnel. Sur le cinéma nous ne travaillons pas encore directement avec les plateformes VOD, nous sommes sur un schéma classique, et la salle reste une fenêtre hyper importante et permet beaucoup plus de remontées d'argent que les autres droits. Sauf quand il s'agit de films du patrimoine, pour lesquels le DVD reste encore le support privilégié et un marché important, avec de très beaux coffrets qui attirent un public spécifique. Cela étant, Cetera a ressorti en mars dernier Les Liaisons dangereuses 1960 de Roger Vadim en salle, en restauration 4K, et le film a très bien marché (7000 entrées). Donc le patrimoine prestigieux a aussi sa place en salle au Japon. Nous avons des demandes sur des films de Bresson, mais il leur faut le 4K, pour le prestige technologique de la réédition.

Auteur : Service Communication

Dernière mise à jour : 25 juin 2018 à 16:11 CEST

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