Icône du goût français, libre et fantasque, Andrée Putman a imposé son style unique et entraîné dans son sillage une génération d’architectes stars. En archives et témoignages, un bel hommage à la papesse du design, disparue il y a tout juste dix ans.
Faut-il chercher dans l’abbaye de Fontenay, décor des étés de son enfance, et les touches de piano qu’elle a caressées avec assiduité la source de son goût pour le noir et blanc et pour les espaces épurés ? Née en 1925 dans une famille de la grande bourgeoisie, Andrée Aynard renonce à faire carrière dans la musique et devient journaliste. Ses articles lui valent d’être repérée par Denise Fayolle, qui la recrute chez Prisunic pour flairer les tendances du moment. Des vêtements aux objets de décoration en passant par les œuvres des peintres amis (Jean Messagier, Bram Van Velde…) collectionnées par son mari, Jacques Putman, Andrée Putman contribue à la démocratisation du beau impulsée par l’enseigne de magasins populaires.