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Les brèves

01 mai 2017 à 11:17

Critique de "Swagger", par Adèle Beaulieu

"On" dit qu’au cinema, il ne faut pas que la mise en scène se remarque trop. "On" dit qu’au cinema, il ne faut pas que le travail du son se remarque trop. "On" dit qu’au cinéma, il ne faut pas que les costumes se remarquent trop. "On" dit qu’au cinéma, il ne faut pas que le montage se remarque trop. Mais qui est ce "on", qui nous dicte une voie, sans jamais se retourner sur lui-même et tenter d’avancer ? Ce "on", Olivier Babinet le met de côté et contribue ainsi à émouvoir un public avec des portraits plus touchants les uns que les autres, en donnant une possibilité de se faire entendre et de se faire voir à des jeunes d'un même quartier d’Aulnay, en France.

Sous forme d’un cercle fictif de confessions, les personnages se connaissent, ou non, s’écoutent et se regardent. Ils sont critiques mais vrais, personne ne les contient, ne les retient, et en tout cas pas le réalisateur, qui les sublime en les laissant s’exprimer et en privilégiant leurs aspirations humanistes. La caméra tourne parfois autour d’eux, mais eux nous suivent, jamais ne nous lâchent, et jamais ne nous quittent du regard. La vérité est dite en face, sans barrières. Embarqué, le spectateur oublie les préjugés et rêve avec eux d’être Obama, d’être architecte, d’être batteur… Il me semble même qu’après coup, je me demande pourquoi la fiction intéresse encore autant, puisqu’il existe de tels héros, tout autour, si proches de nous. Merci. "On" vous remercie, "on" ne vous en veut pas, "on" n’est plus.

Adèle Beaulieu

Auteur : Service Communication

Dernière mise à jour : 23 mai 2017 à 11:17 CEST