Synopsis
"Un homme joue au tennis contre un mur, dont la fonction est de renvoyer la balle au joueur solitaire. Sauf qu’ici l’homme n’est pas vraiment seul face au mur. Son chien joue avec lui, s’amuse à lui contester l’objet rebondissant, tous deux visiblement heureux de subvertir ainsi le triste "va chercher" et ses rôles inéchangeables de maître lanceur et de chien rapporteur. L’homme, c’est Pierre Creton, le chien s’appelle Tobie, et l’on peut aussi voir cette ouverture comme une pensée adressée au tennisman Godard, qui s’est beaucoup plaint de manquer au cinéma de partenaires pour lui renvoyer la balle. (imaginer Godard âgé, jouant au tennis contre un mur avec le chien Roxy.)
Cette solitude à deux ouvre un film dont Pierre Creton affirme qu’il serait le portrait d’un livre - genre nouveau au cinéma. Le modèle a pour titre L’Éternel Retour, et son auteur, Michel Surya, revendiquait également à sa sortie en 2006 son caractère inédit : celui d’un "roman de pensée", stade ultime du genre qui aurait substitué à l’action un événement de pensée capable d’engager la totalité de l’existence. La pensée en question est celle, nietzschéenne, de l’"éternel retour", que son créateur considérait comme "la plus haute" : "Il dit, écrit Surya, qu’il faut aimer tout ce qui est au point d’en pouvoir aimer, un jour, le moment venu, le retour." Faire le portrait filmique du livre, c’est pour Pierre Creton affirmer cette pensée comme la plus haute de son cinéma, et qu’elle engage la totalité de son existence – ce qui, dans son cas, revient au même.
Le film se poursuit dans une maison, face à la mer et son ondulation muette derrière la baie vitrée. On entend des bribes d’une conversation au sujet du roman, puis Léo Ferré chanter La Mémoire et la Mer. Puis on quitte la vue de la mer pour voir et écouter une femme lire un passage du roman. "(…) C’est-à-dire que tout ne retourne, dit-il, qu’à la condition qu’on l’ait aimé assez.". Sur le canapé, entre les prises qui font revenir la lecture du texte, les phrases à chaque fois mieux entendues, la pensée mieux comprise – si sublime, si scandaleuse –, le chien et le chat s’aiment au ralenti, comme dans un souvenir. Puis on reconnaît la voix de Françoise Lebrun qui reprend, off, la lecture du roman de Surya. Puis c’est la même voix, plus jeune, dans un film de Marguerite Duras.
Pendant ce temps le soir tombe, la lumière décline, la mer vire au noir : promesse du sommeil, du rêve, avant-goûts de la mort et du revenir, de l’éternel revenir du fantôme. Sur l’écran noir qui descend devant l’image de la mer et la recouvre, c’est alors tout le cinéma de Pierre Creton qui revient se projeter ; avec lui tous les êtres aimés, humains ou non mais toujours raisons d’être des films : Jean Lambert, Marcel Pilate, Mathilde Girard, Françoise Lebrun, Toto, Tobie et Bataille, Juha et Albertine, les vivants et les morts qui déjà se réunissaient à la fin d’Un Prince, et tous les autres. Ce film bouleverse parce qu’il formule le secret de Pierre Creton : un désir fou que tout revienne."
(Cyril Neyrat - FIDMarseille)
Générique
Réalisateur (1)
Production et distribution (2)
- Production déléguée : Maison Lambert
- Exportation / Vente internationale : Maison Lambert
Générique détaillé (2)
- Producteur délégué : Pierre Creton
- Scénariste : Pierre Creton
Mentions techniques
- Type : Programme audiovisuel
- Genre(s) : Documentaire
- Sous-genres : Documentaire
- Thèmes : Philosophie, Littérature, Amour
- Origine : France
- Nationalité : 100% français (France)
- Année de production : 2026
- Durée : 25 min
- Type de couleur(s) : Noir & blanc
Actualités & distinctions
A propos
Prix du Centre National des Arts Plastiques (CNAP) au FIDMarseille 2026 - Festival International de Cinéma de Marseille
























