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Jules et Jim - berbert

Jules et Jim

Un Long métrage de François Truffaut

Produit par Les films du Carrosse, Societé d'Exploitation et de Distribution de Films (SEDIF)

Sortie en France : 23/07/1962

  • Sommaire

Acteurs (12)

Production et distribution (3)

Exportation / Vente internationale :

MK2 Films (ex MK2)

Box Office : cumulé

Box Office : chronologie

Sorties à l'international (12)

PaysDistributeurAcheteurDate de sortie

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Synopsis

Jules est allemand, Jim, francais. Ces deux amis artistes évoluent dans le Paris des années 1900. La photographie d'une sculpture de femme à l'étrange sourire les fascine et les entraine jusqu'en Grèce. De retour à Paris, ils rencontrent Catherine, qui ressemble étrangement à la sculpture. Jules l'épouse. Puis la guerre éclate. Après l'armistice, Jim retrouve ses amis dans un chalet, en Suisse, où ils vivent avec leur fille, Sabine. Catherine se met à aimer Jim.

Propos

Jules et Jim sont deux personnages très proches au début du film, leur relation fait même naître certaines rumeurs dans Paris, toutefois lorsqu'ils partent en vacances avec Catherine les deux personnages deviennent distants et leur amitié cède place au trio. Il existe une part de fatalité dans la première moitié du film, lorsque Jules avertit Jim que Catherine sera sa femme et qu'en conséquence il ne doit pas la séduire, le spectateur prend immédiatement conscience de l'aspect tragique du film. S'ensuit une période trouble durant la Première Guerre mondiale où Catherine prend des amants et s'éloigne des deux amis hantés par la peur que l'un tue l'autre au combat. Après l'armistice, la complicité entre Jim et Catherine devient croissante, ils en viennent à désirer un enfant, toutefois le couple qu'ils forment ne dérange pas Jules, celui-ci promettant d'aimer Catherine quoi qu'il advienne. La fougue et la passion liant les deux amants s'estompe et laisse place à un climat tendu et orageux. Catherine menace de tuer Jim. Le pire ne peut être évité : elle se donne la mort avec celui-ci en braquant le volant de sa nouvelle automobile au milieu d'un pont. Jules assiste impuissant à la catastrophe.

Autour du film

Pour son roman, Henri-Pierre Roché puise dans une veine largement autobiographique : Jim (ici, Henri Serre), c'est lui, ou presque; et Jules (Oskar Werner) et Kathe (dans le livre) / Catherine (Jeanne Moreau) sont directement inspirés par l'écrivain allemand (autrichien dans le livre) Franz Hessel et Helen Grund (Berlinoise, fille d'un banquier prussien protestant), parents de Stéphane Hessel, normalien, résistant et diplomate né à Berlin en 1917 (comme il l'a confirmé lui même dans certains de ses écrits publiés1 et des interviews2).

Ce n'est en fait qu'après la mort d'Helen Hessel (née Grund), morte en 1982 à l'âge de 96 ans, que fut révélée publiquement l'identité des personnes ayant inspiré ce célèbre trio, en particulier dans les carnets de Henri-Pierre Roché intitulés Carnets, Les années Jules et Jim, Première partie, 1920-1921, carnets publiés en 1990 avec une préface de François Truffaut, ou encore par la publication en 1996 de certaines des lettres d'Helen Hessel à Henri-Pierre Roché dans les Lettres d'Helen, lettres à Henri-Pierre Roché, 1920-1921.

Le tournage du film a débuté en avril 1961.

Le chalet, au bord du Rhin en Autriche dans le récit, où Jim rejoint Jules et Catherine, est en fait le refuge Sihlbach du Molkenrain.

Le cimetière militaire que Jim visite avant de rendre visite à Jules et Catherine est le cimetière du Vieil-Armand (Hartsmannwillerkopf), situé dans le Haut-Rhin.

Serge Rezvani joue le personnage d'Albert, qui dans le film écrit la chanson Le Tourbillon pour Catherine. Il a réellement écrit cette chanson sept ans plus tôt, en référence justement au couple que formaient Jeanne Moreau et son compagnon de l'époque Jean-Louis Richard, qui était aussi le meilleur ami de Serge.

« Jules et Jim est un hymne à la vie et à la mort, une démonstration par la joie et la tristesse de l'impossibilité de toute combinaison amoureuse en dehors du couple », écrivait Truffaut un an avant le tournage.

Jules et Jim constitue un parti pris esthétique de François Truffaut. Plutôt que de remplacer les scènes difficilement adaptables du roman par des scènes équivalentes, procédé qu'il avait dénoncé dans un article célèbre Une certaine tendance du cinéma français, François Truffaut a préféré lire en voix off des passages du roman de Henri-Pierre Roché. Ce procédé permet de rendre à l'écran la saveur littéraire du roman.

Le groupe anglais Groove Armada a utilisé des passages du film pour l'introduction de son titre Shameless avec Bryan Ferry : « Je m'empare de toi mon amour [...] je te presse absolument nue contre moi. »

En 1980, Paul Mazursky a réalisé Willie et Phil où il rend un hommage appuyé à Jules et Jim pour évoquer la révolution sexuelle des années soixante et soixante dix. Le scénario révèle en fin de compte combien cette seconde révolution sexuelle moderne, qui a touché un nombre de gens beaucoup plus important que la jeunesse cosmopolite du Montparnasse des années vingt, a été inversement bien moins subversive et plus fade que celle qu'a décrit François Truffaut.

Le film est évoqué à plusieurs reprises dans un autre film, Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain.

Le film est évoqué dans le film The Bubble d'Eytan Fox : Noam dit à Lulu, sur leur route vers Naplouse : « Tu es Jeanne Moreau, je suis Jules, nous allons retrouver Jim et mourir d'amour »
Le film est évoqué dans Les Demoiselles de Rochefort de Jacques Demy. Solange ouvre la porte et découvre les forains, elle leur dit en s'amusant « voila Jules et Jim ».

Avant même sa sortie en 1962, le film est évoqué dès 1961 dans le film Une femme est une femme de Jean-Luc Godard. Alfred, personnage incarné par Jean-Paul Belmondo, croise Jeanne Moreau dans un café et lui demande si "ça marche avec Jules et Jim" ; l'actrice répond "moderato", allusion cette fois-ci à un film de Peter Brook sorti en 1960 et inspiré d'un roman de Marguerite Duras, Moderato cantabile, où Jeanne Moreau tient le premier rôle.

Source : Wikipedia

Analyse

Truffaut réalise Jules et Jim avec l'espoir de se réconcilier avec sa mère, heurtée par l'image d'une femme adultère, immature et peu aimante qu'il avait donné d'elle dans Les 400 coups. Cette fois, il veut montrer une reine qui impose ses volontés aux hommes. Catherine veut réinventer l'amour, payer comptant et repartir à zéro, imposer un perpétuel tourbillon sur lequel le temps n'a pas prise.

Le film est peu aimable car, en imposant sont principe féminin rayonnant et solaire mais aussi cataclysmique aux hommes, ceux ci s'épuisent à la suivre et le film lui même accepte de terminer en roue libre, pas même sur un champ de ruine mais sur deux urnes de cendre. C'est cependant cet échec grandiose qui est exalté au travers d'une narration à l'imparfait perpétuellement striée de lyrisme.

Le tourbillon de l'amour

Cette femme rayonnante, à l'image de la statue grecque dont Jules et Jim vont tomber amoureux est toujours en parfait accord avec la nature, que ce soient la plage, les bois et la montagne. Le paysage naturel prolonge le corps féminin. Lorsque la course sur la passerelle a épuisé le trio, Catherine décide de vacances dans le sud. Elle transforme la campagne en terre de nouveau vierge après la civilisation en recherchant les traces de l'humanité disparue. Lorsque la pluie gagne le sud, elle décide de revenir à Paris. C'est en s'enfonçant dans la forêt que jusqu'à l'aube, elle révèle à Jim l'échec de son mariage avec Jules.

La femme impose aux hommes un mouvement circulaire autour d'elle. Ce mouvement d'adoration est initié une première fois par Thérèse. Un panoramique à 360 degré la suit autour de la chambre de Jules. Est lancée l'image du cercle que reprendra tout le film : ronde des jeux avec Sabine, tourbillon de la chanson de Catherine. Plus tard Jim retrouvera Thérèse par hasard dans un café et elle l'étourdira du récit rocambolesque de sa vie qui prendra la forme d'un périple autour du monde. Le temps de Thérèse et de Catherine est celui circulaire et sans finalité du jeu.

Jules dit de Catherine : elle est force de la nature qui s'exprime par des cataclysmes. Elle se jette dans la Seine pour protester contre les propos de Jules sur la femme "naturelle donc abominable". Elle entraine Jim à la mort lorsqu'elle comprend qu'elle l'a définitivement perdu.

Le monde de fer des hommes

Dans le roman, Henri-Pierre Roché signale simplement de quelques phrases lapidaires l'interruption que la guerre marque dans les relations du trio. Truffaut consacre un long développement visuel à la première guerre mondiale en insérant une série de documents d'archives. Ces images de destruction contrastent avec les paysages atemporels et idylliques qui les encadrent dans le film. La guerre est l'indicateur du temps et de la fragilité des civilisations. Quand Jim ira rejoindre ses amis en Allemagne après l'armistice, il traversera longuement les cimetières militaires où sont enterrés ses compagnons. Cette présence de la mort cataclysmique donnée par les hommes au cœur du récit ne peut que prédisposer à l'échec les velléités féminines d'imposer un autre mode de vie.

Sans doute parce qu'artistes Jules et Jim, le pressentent, ils acceptent, bien que foncièrement urbains, attachés à Paris, de se soumettent à tous les diktats imposés par Catherine. Chaque retour à Paris est néanmoins marqué par des images d'archives montrant la ville pendant les années 1900. Au paysages champêtres, atemporels de la femme s'opposent les documents d'époque avec leurs structures de pierre et de fer : métro aérien au retour de l'Adriatique, Gare de Lyon au retour de la mer, Tour Eiffel au retour de Jim des bords du Rhin

Un film moins inspiré d'Ernst Lubitsch qu'on ne le croit

Le film passe habituellement pour une apologie du ménage à trois, une sorte de Sérénade à trois revisitée. Il n'en est pourtant rien. Le film de Lubitsch montre que le désir, brillant de mille feux est instable et insatiable. Ici le désir est absolu et ne change d'objet que lorsque l'ancien est épuisé.

Catherine n'a eut des amants durant son mariage avec Jules que pour le punir de son insoumission à l'absolu de l'amour. Lorsque Jim vient les voir après la guerre, Catherine est très claire : Jules est fini pour elle comme mari ("Nous nous sommes retrouvés face à face, non mêlés"). Si Jim survit à coté d'elle, c'est parce qu'il s'adapte et se soumet. Les rares fois où il avait manifesté un peu d'indépendance, il avait été immédiatement puni : gifle quand il refuse de gratter le dos de Catherine, plongeon dans la Seine quand il la contredit, énumération agressive de tous les vignobles français lorsqu'il fait l'éloge de la bière allemande. Jules à renoncé à l'art et s'est fondu dans la nature. Il s'y installe pour étudier la faune et la flore. Lui que son père avait fait photographier dans sa jeunesse déguisé en Mozart, figure emblématique de l'art et de la civilisation, deviendra le spécialiste des formes les plus frustres de la vie : plantes, insectes et autres bestioles. Quand, dans son chalet Rhénan, Catherine montre cette photo à Jim, le montage du film la juxtapose cruellement à des salamandres qui gigotent dans une cuvette de la chambre de Jules.

Jim lui s'éloigne souvent. C'est un voyageur toujours prêt à quitter le paysage de Catherine : "il y a en moi un besoin d'aventures et de risque" lui dira-t-il mais il revient toujours répondant sans hésiter aux convocations tyranniques de la jeune femme. Lorsqu'il retrouve Catherine et Jules en 1933, ceux-ci le convient à un déjeuner dans une auberge. Le pyjama blanc qu'emmène alors Catherine pourrait être un indice d'équivocité cher à Lubitsch provoquant un décalage vis à vis d'une situation stéréotypée. Cette action renvoie en effet à deux situations tout à fait distantes et éloignées. Soit Catherine se prépare pour une nuit avec Jim, soit elle a autre chose en tête... ce que révélera finalement la fin de la séquence : provoquer Jules et Jim en couchant avec Albert.

(...)

© Jean-Luc Lacuve
Analyse complète sur cineclubdecaen.com

Générique détaillé (17)

Assistants à la réalisation :

Robert Bober, Florence Malraux, Georges Pellegrin

Dialoguistes :

François Truffaut, Jean Gruault

Producteur :

François Truffaut

Scénaristes :

François Truffaut, Jean Gruault

Cadreur :

Claude Beausoleil

Monteuse :

Claudine Bouché

Décorateur :

Fred Capel

Costumier :

Fred Capel

Photographe de plateau :

Raymond Cauchetier

Adaptateurs / Dialoguistes :

François Truffaut, Jean Gruault

Auteur de l'œuvre originale :

Henri-Pierre Roché

Producteur exécutif :

Marcel Berbert

Directeur de la photo :

Raoul Coutard

Directeur de production :

Maurice Urbain

Scripte :

Suzanne Schiffman

Auteurs de la musique :

Georges Delerue, Serge Rezvani

Narrateur :

Michel Subor

Mentions techniques

Long métrage

Genre(s) :

Fiction

Sous-genres :

Comédie dramatique

Langue de tournage :

Français

Autre pays coproducteur :

France

EOF :

Oui

Nationalité :

100% français (France)

Année de production :

1961

Sortie en France :

23/07/1962

Durée :

1 h 42 min

Etat d'avancement :

Sorti

Numéro de visa :

23636

Visa délivré le :

24/11/1961

Agrément :

Oui

Formats de production :

35 mm

Type de couleur(s) :

Noir & blanc

Affiches (8)

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