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Le Père Noël a les yeux bleus

Un Long métrage de Jean Eustache

Produit par Anouchka Films

Sortie en France : 26/04/1966

    Synopsis

    Narbonne en hiver, dans les années soixante. Un jeune homme pauvre, Daniel, mène avec ses copains une vie désœuvrée, traînant dans les bars, draguant les filles, chapardant à l'éventaire des libraires. Désireux de s'acheter un duffle-coat, il se fait embaucher par un photographe ambulant, pour lequel il va poser, déguisé en Père Noël, dans une rue commerçante de la ville, apostrophant les passants et les passantes. Enveloppé dans une vaste houppelande, le visage masqué par une fausse barbe blanche, il joue son rôle avec conviction, liant volontiers conversation avec les promeneurs, nombreux en ce temps de Noël.
    Une jeune femme avec laquelle il avait convenu d'un rendez-vous le laisse tomber alors qu'il a abandonné sa défroque de Père Noël. Déçu, il rejoint ses compagnons de bamboche qui, la nuit du réveillon, envahissent les rues en fête en criant à tue-tête : "Au bordel ! Au bordel !".

    Source : cineclubdecaen.com

    Acteurs (6)

    Production et distribution (2)

    Production Déléguée :

    Anouchka Films

    Exportation / Vente internationale :

    Mercure Distribution

    Diffusions TV : Cumulé

    Diffusions TV : détail par pays

    Propos

    Le Père Noël a les yeux bleus, moyen-métrage de 40 minutes et réalisé en 65, a été exploité avec Du côté de Robinson, sa première expérience (achevée) derrière la caméra (63), sous le titre Les mauvaises fréquentations. Cet acte de naissance d’Eustache au cinéma et bien le morceau manquant à la reconstitution biographique de la vie du cinéaste via ses propres films. Et en même temps, avec Le Père Noël a les yeux bleus, Eustache s’inscrit immédiatement dans le cadre d’un mouvement qui a démarré sans lui, loin de lui ( à Paris alors qu’il commence à filmer à Narbonne), mais dont il s’est imposé comme l’un des plus éminents ambassadeurs avec La Maman et la putain. On parle bien évidemment de la Nouvelle Vague, et lorsqu’ Eustache réalise les deux moyens-métrages qui composent Les Mauvaises fréquentations, il hérite lui-même du tumulte provoqué à la fin des années 50 par les jeunes turcs des Cahiers. Eustache filme dans la rue directement un film libre, enraciné dans le contexte de cette époque là. Et puis ce qui le relie définitivement à la Nouvelle Vague, c’est évidemment son héros.

    Le père noël n’est autre que Jean-Pierre Léaud, l’inoubliable Antoine Doinel des films de Truffaut, et qui a l’époque n’était connu que (quasiment) pour son rôle dans Les 400 coups. Sept ans après, Léaud est devenu un jeune adulte. Dans un plan vers la fin du film, on a la preuve que déjà Eustache lorgne vers la Nouvelle Vague : Daniel, le héros de son film joué donc par Léaud, s’arrête devant un cinéma. Il se tourne vers une affiche au dessus de lui qu’il fixe un instant de son attention. On vous le donne en mille, Les 400 coups.

    Une chose retient particulièrement l’attention devant ce film. Une espèce d’insouciance et de naïveté pèse. Le film est dégagé de toutes tensions, le climat social n’est en rien étouffant et a écouter le personnage de Daniel, rien n’est grave, rien n’est important. Le climat social n’est pas étouffant mais n’est pas rose pour autant. Daniel explique s’être fait virer sans motif d’un précédent job de manoeuvre sur un chantier. Il enchaîne aussi les petits boulot, navigue à vue financièrement en économisant ce qu’il peut, et resquille avec ses amis dans un prolongement des 400 coups de son enfance, glissant quelques livres sous le manteau en librairie, ou truquant un loto pour gagner quelques centaines d’anciens francs. C’est une vie simple, sans gloire, sans triomphe, mais qui est affranchie de toutes tensions. Le film se construit dans un refus du conflit qui est symbolique, sans doute, de ce début des années 60. Lorsqu’il convoite la petite amie d’un boxeur jaloux, le conflit est évité très simplement par la seule foi d’une parole donnée. “Mais non, moi je n’attaque pas ta gonzesse”.

    Malgré cette vie sans heurt, l’atmosphère est désenchantée. Le charme mystérieux de ce Père Noël dont les jeunes filles ne savent pas qui se cache sous le costume, agit. Lorsqu’il se révèle, la déception de la demoiselle, pourtant décrite comme laide, l’emporte. On a dans cette séquence tout ce qui fait le film. Une ambiance insouciante ou deux jeunes gens se donnent un rendez-vous tard dans la nuit, ou la jeune fille arrive seule mais ne s’inquiète pas alors que dans un autre contexte, plus moderne peut-être, le danger serait éventuellement plus présent. Le rendez-vous sera donc un échec quand même. Insouciance et désenchantement règnent.

    C’est encore le cas dans les derniers instants du film. Un ami de Daniel insulte un automobiliste. Celui-ci s’arrête mais pas pour la bagarre. Il interpelle son agresseur. “C’est toi qui m’a traité de con ? Non mais ça va pas ? Tu vois pas que c’est Noël et qu’on est tous copains. Allons boire un coup”. Plus tard, les garçons se dirigent en chantant vers le bordel.
    Le Père Noël a les yeux bleus n’est donc finalement qu’une introduction au travail à venir d’Eustache. Dans La Maman et la putain, Léaud est toujours là, le désenchantement est plus fort,  la misère affective encore plus prégnante, les rapports entre garçons et filles plus durs, plus violent…

    © Benoît Thevenin

    Source : laternamagika.wordpress.com

    Générique détaillé (11)

    Assistant à la réalisation :

    Bernard Stora

    Scénariste :

    Jean Eustache

    Ingénieur du son :

    Bernard Aubouy

    Monteuse :

    Christiane Lack

    Auteurs de la musique :

    René Coll, César Gattegno

    Régisseuse générale :

    Jeanne Delos

    Producteur :

    Jean-Luc Godard

    Directeurs de la photo :

    Daniel Lacambre, Philippe Théaudière

    Assistants opérateurs :

    Nestor Almendros, Daniel Lacambre

    Scripte :

    Aline Lecomte

    Mixeur :

    Antoine Bonfanti

    Mentions techniques

    Long métrage

    Genre(s) :

    Fiction

    Sous-genres :

    Comédie dramatique

    Thèmes :

    Amitié

    Langue de tournage :

    Français

    EOF :

    Inconnu

    Nationalité :

    100% français

    Année de production :

    1966

    Sortie en France :

    26/04/1966

    Durée :

    47 min

    Etat d'avancement :

    Sorti

    Numéro de visa :

    31736

    Visa délivré le :

    13/09/1966

    Agrément :

    Inconnu

    Type de couleur(s) :

    Noir & blanc

    Format son :

    Mono

    Réalisateur

    Sélections en festivals

    Festa do Cinema Francês - 2011

    Festa do Cinema Francês (Portugal, 2011)

    Sélection

    Cannes em Portugal