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Le Silence de la mer

Le Silence de la mer

Un Long métrage de Jean-Pierre Melville

Produit par Melville Productions

Sortie en France : 22/04/1949

    Synopsis

    Sous l'occupation dans un quelconque village de France, un vieil homme vit seul avec sa nièce. Un soir entre un officier allemand, Werner von Ebrennac, qui vient occuper la chambre réquisitionnée. Il s'excuse, demande le chemin. La jeune fille le conduit sans répondre. Les jours passent. Chaque soir, sous prétexte de se chauffer auprès de la cheminée, Werner rend visite à ses hôtes, toujours silencieux. Il leur expose sa manière d'entrevoir la collaboration franco-allemande, parle musique, littérature, politique. La jeune fille paraît intéressée, mais reste muette. Au cours d'une permission passée à Paris, Werner rencontre ses compatriotes des services politiques ; pour eux la collaboration n'est qu'un appeau pour mieux tenir la France sous le joug. De retour chez ses hôtes, Werner leur demande d'oublier ce qu'il leur a dit et leur annonce son départ pour le front russe. La jeune fille exhale un adieu qui est tout un symbole.

    © Fiches du Cinéma

    Acteurs (8)

    Production et distribution (4)

    Production Déléguée :

    Melville Productions

    Exportation / Vente internationale :

    Télédis

    Coproductions :

    Panthéon Productions, Organisation Générale Cinématographique (OGC)

    Distribution France :

    Panthéon Distribution

    Diffusions TV : Cumulé

    Diffusions TV : détail par pays

    Propos

    L'idée de faire ce film vint à Melville du jour où il lut le livre sous les bombes à Londres. C'est Jean-Paul de Dadelsen qui le lui avait donné. Il était en anglais sous le titre de "Put out the light".

    Après la guerre, lorsqu'il décida de se mettre au travail, il lui fallait d'abord acquérir les droits du livre. C'est cette démarche qui lui fait retrouver Jean-Pierre Bloch, ancien ami d'enfance. Première complication, Louis Jouvet l'avait précédé dans l'adaptation et en avait demandé les droits avant Melville. Résolu à ne pas abandonner à peine lancé, il use de force arguments pour convaincre Bloch de lui accorder les droits à la place de Jouvet dont le seul dessein était d'interpréter von Ebrennac à cause de la phrase de Vercors « Je pris garde à sa ressemblance surprenante avec l'acteur Louis Jouvet ». Peine perdue, les droits ne lui sont pas accordés. Il va donc voir Vercors lui-même pour saisir sa dernière chance. Nouvel échec. Malgré tout il sort de chez l'auteur en s'étant porté de garant de brûler le négatif si une fois le film terminé et projeté devant un jury de résistants, une seule voix s'élevait contre le film.

    Les difficultés ne font que commencer. Melville n'a pu entrer dans la profession par la voie traditionnelle. De plus, sa maison de production ne lui a pas servi étant donné qu'il n'avait ni les droits d'adaptation du livre, ni carte syndicale de réalisateur puisqu'il ne voulait pas être syndiqué, ni de bons de déblocage de pellicule, indispensables pour obtenir le précieux matériau. De ce fait Melville se trouve démuni de toute aide, notamment financière.

    Toutefois, Melville trouve une aide de fin de film, le laboratoire GTC dirigé par un ancien résistant, Colling. Celui-ci lui fait confiance, ne lui demande pas de traites et lui prête son laboratoire à titre gratuit contre remboursement futur.

    Le montage a été fait dans le dénuement le plus total. Melville travaillait avec Decaë4 sur son Continsouza dans une chambre d'hôtel. L'appareil chauffait et à chaque arrêt brûlait la dernière image, puisqu'une partie du film est en 35 mm flamme. Aucun rush n'a été projeté faute de moyens, ce qui fait que Melville devait inspecter à l'œil nu les négatifs livrés chaque soir. Cette période reste un bon souvenir pour le metteur en scène qui précise :

    « Pendant un an – le plus heureux de ma vie, je dois le dire – nous avons été plongés dans la misère la plus totale. Mais la sensation de réaliser quelque chose d'important, tout en étant démuni était merveilleuse. C'est tellement idiot mais tellement vrai que je crois qu'il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer. J'ai toujours eu cette devise : ne sachant pas que c'était impossible, je l'ai fait. J'ai certes connu des moments de découragement mais il fallait du courage, il faut bien l'admettre pour tenir bon jusqu'au bout sans se laisser intimider par chaque sorte de menace et de critique. »

    Le choix des comédiens, peu nombreux, a été rapide. La coïncidence pour Jean-Marie Robain, ancien ami ; des relations de famille pour Nicole Stephane ; le film d'Henri Calef, Jericho, pour Howard Vernon. La maison de Vercors s'est imposée pour des raisons artistiques et aussi parce que Vercors en avait fait lui-même la proposition à Melville lors de leurs rencontres. Vercors se l'est vu reprocher par la suite par des résistants qui affirmaient qu'en fait il devait être d'accord de vendre ses droits considérant les facilités données au metteur en scène. Il a ici pris la défense de Melville en déclarant que ce dernier partait déjà à l'aventure seul et qu'à défaut de l'encourager, il ne voulait pas au moins le handicaper un peu plus.

    L'hostilité des occupants et de l'entourage n'a rien arrangé. Par exemple, le premier jour de tournage, c'est Emmanuel d'Astier, ministre, à qui Vercors avait prêté sa maison qui les accueille avec mépris. Le dernier jour, la femme de Vercors s'indignait du désordre qui régnait chez elle en s'exclamant : « Cette maison a connu l'Allemand, mais l'Allemand l'avait respectée, lui ! ».

    Le tournage s'est fragmenté en plusieurs séries de jours faute de moyens. L'unique électricien machiniste aide Melville à louer le matériel et l'autocar qui emmène « l'équipe » dans la maison de Vercors à Villiers-sur-Morin. Le film n'était pas assuré (sauf le négatif) et n'aurait pu de ce fait jamais se finir.

    Melville raconte quelques unes de ces péripéties aux Cahiers du Cinéma :

    « Dans Le Silence j'avais essayé plusieurs opérateurs, je les usais. Le premier était Luc Mirot. Au bout de trois jours, je me suis pratiquement battu avec lui. Il m'a dit « Je sors de l'école Vaugirard et je ne veux pas faire de la merde. » Je lui ai dit « Puisque je paye, quelle importance pour toi de faire de la merde ? ». Il a finalement tourné un très beau plan sur mes seules indications. C'est le plan où Vernon s'habille à la fin dans sa chambre, arrange son col dans la glace, pousse les volets – et le soleil pénètre dans la chambre –, va devant la glace : on frappe à la porte, etc. Ensuite j'ai eu Villard (qui est devenu l'un cadreurs préférés de Decaë, avant d'être le chef opérateur de La Main chaude). Je ne m'entendais pas non plus avec lui, car il était prisonnier de ce qu'il avait appris et ne savait travailler qu'à la cellule. Je ne peux pas m'entendre avec un opérateur qui se sert d'une cellule. À partir du moment où il me dit « ce n'est pas possible regarde la cellule ! », à partir de ce moment je sais que je ne peux pas travailler avec lui, car on doit travailler sans cellule et toujours en dessous de la cellule. C'était mon principe et c'était également celui, à l'époque, de Decaë. Et puis un des mes amis m'a envoyé Decaë : il était alors chez Jean Mineur, il faisait des films en noir et blanc pour la foire de Lyon, etc. Il m'a montré des choses qu'il avait faites, qui étaient du bon cinéma de documentariste, d'actualiste, mais le garçon m'a beaucoup plu et je me suis dit « voilà un type avec qui je vais sûrement très bien m'entendre » et je ne me suis pas trompé puisque je me suis tellement bien entendu avec lui que cela dure depuis quatorze ans. Decaë était pauvre comme moi, puisqu'il n'avait pas de cellule. Mes audaces ne l'effrayaient pas. Au contraire, c'était quelquefois lui qui en avait. Et ce fut une entente définitive. Jusqu'à la mort, ce sera comme ça. Je ne peux m'entendre à la vérité qu'avec un opérateur qui sait qu'on peut tout faire. À partir du moment où l'on sait qu'il va y avoir quelque chose sur la pellicule il faut oser. »6

    La photo même avec un opérateur de qualité s'est révélée d'une grande complexité. Le tirage et l'étalonnage ont été extrêmement complexes compte tenu du nombre de pellicules utilisées puisque achetées au marché noir : 19 pellicules différentes, de la Rochester à l'Agfa en passant par la Kodak Vincennes et donc autant de bains différents et de temps de développement à calculer. De quoi rendre fou le plus patient des labos.

    Le film malgré toutes ces péripéties a été présenté devant le jury de 24 résistants. Toutes les réponses ont été positives... sauf une, mais avant d'en connaître le résultat, Vercors avait indiqué qu'il ne tiendrait pas compte de ce vote. Il s'agissait en effet de Pierre Brisson, directeur du Figaro, invité en dernière minute et qui n'avait pas apprécié le poste de remplaçant en criant haut et fort : « Je ne suis pas le quatrième que l'on invite en dernière minute pour faire une partie de bridge ».

    Le résultat étant positif, Vercors donna son aval pour la sortie du film. Les régularisations ont pris beaucoup de temps avec les syndicats du fait de l'absence d'autorisation, de techniciens parfois non syndiqués à commencer par Melville lui-même et Nicole Stéphane. Ceci explique l'important temps de sortie entre la projection au jury le 11 novembre 1948 et la sortie publique le 22 avril 1949.

    Malgré tous ces problèmes, Melville parvint à faire sortir son film dans le plus grand réseau de distribution français de l'époque : le Gaumont-Palace-Rex. Toujours très ambitieux il s'adresse directement à la Metro-Goldwyn-Mayer via Mr. King, responsable pour l'Europe. Melville lui raconte hésitant qu'il s'agit d'un film sans dialogue et sans avoir dit le titre il se fait interrompre par un « What a wonderful picture, il ne peut s'agir que du Silence de la Mer ! » Cette opportunité ne sera finalement pas la bonne, puisque c'est Pierre Braunberger au courant du rendez-vous qui finira par convaincre Melville de le lui donner. Jean Hellman, propriétaire du Rex était partenaire de Gaumont-Palace. Menacé de briser l'alliance entre eux s'il sortait le film, mais l'ayant adoré, il n'hésite pas à casser le mariage. La Gaumont et Bernard Wibaux ont alors sorti le film en concurrence avec le Rex, sortie qui a très bien marché dans les deux circuits pourtant dénués d'exclusivité.

    Source et intégralité des informations sur  Wikipedia

    Générique détaillé (9)

    Assistants à la réalisation :

    Michel Drach, Jacques Guymont

    Producteurs :

    Jean-Pierre Melville, Marcel Cartier

    Directeur de la photo :

    Henri Decaë

    Directeur de production :

    Edmond Vaxelaire

    Auteur de la musique :

    Edgar Bischoff

    Auteur de l'œuvre originale :

    Vercors

    Scénariste :

    Jean-Pierre Melville

    Ingénieur du son :

    Jacques Carrère

    Monteurs :

    Jean-Pierre Melville, Henri Decaë

    Mentions techniques

    Long métrage

    Genre(s) :

    Fiction

    Sous-genres :

    Drame

    Thèmes :

    Histoire, Guerre

    Langue de tournage :

    Français

    Autre pays coproducteur :

    France

    EOF :

    Inconnu

    Nationalité :

    100% français (France)

    Année de production :

    1949

    Sortie en France :

    22/04/1949

    Durée :

    1 h 26 min

    Etat d'avancement :

    Sorti

    Numéro de visa :

    8312

    Visa délivré le :

    19/01/1949

    Agrément :

    Oui

    Formats de production :

    35 mm

    Type de couleur(s) :

    Noir & blanc

    Cadre :

    1,37

    Format son :

    Mono