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L'Argent

L'Argent

Un Long métrage de Robert Bresson

Produit par Marion's Films, Eos films

Sortie en France : 18/05/1983

  • Sommaire

Acteurs (26)

Production et distribution (5)

Productions Déléguées :

Marion's Films, Eos films

Coproduction :

France 3 Cinéma

Distribution France :

AMLF

Production Associée :

Fr3-france regions

Exportation / Vente internationale :

Diaphana Films

Diffusions TV : Cumulé

Diffusions TV : détail par pays

Synopsis

La puissance maléfique de l'argent, quelques petites malhonnêtetés d'honnêtes gens, un faux témoignage, des hasards malheureux poussent Yvon, jeune livreur de mazout, à prendre une petite part dans l'attaque d'une banque. Il est arreté et ne tente pas de se justifier. Dès son arrivée à la prison, il se montre soumis. Mais la cruauté de ses compagnons de détention et l'incompréhension du directeur agissent sur son caractère violent. De surcroit, sa femme l'abandonne et leur unique enfant meurt de maladie. A sa sortie de prison, il est pris de la fureur de tuer. La petite femme aux cheveux grisonnants qui sera sa dernière victime, l'héberge au sein de sa famille dans une maison isolée des autres maisons d'un petit bourg, près de Paris. Non sans risque, par générosité. Durant des jours, il la voit accepter, sans se plaindre, une vie misérable de travail acharné et de dévouement à ceux qui pourtant, la maltraitent. Il est subjugué et on pourrait croire qu'il l'épargnera. Il la tue sauvagement pour une petite somme d'argent, ainsi que sa famille. La meme nuit, pris de remords, il va se livrer aux forces de police s'appretant à cerner la maison que vient de quitter le fou meurtrier.

Propos

À l'enchaînement des circonstances qui pourraient être romanesques, Bresson substitue le cheminement tragique du mal. Le film se situe dans une perspective chrétienne où, pour retrouver la grâce, il faut être allé jusqu'au bout du malheur.

Il est toutefois peu probable que Bresson justifie l'assassinat de deux hôteliers et d'une famille pour le salut d'un seul. L'interprétation qui voudrait que Yvon soit touché par la grâce du fait des gouttes de sang qu'il reçoit de la vielle femme assassinée à la hache n'est guère plus convaincante.

Peut-être la grâce divine est-elle absente du dernier film de Bresson. L'argent omniprésent règle les comportements humains. "Il n'y a pas de règle tout est permis " se vente Lucien, le dandy, qui croit pouvoir être bon lorsqu'il est devenu riche. Pourtant l'argent impose sa loi : Lucien finira derrière les barreaux et ses vantardises empêcheront son évasion. L'argent se trafique partout en prison surtout, à table comme à la messe ; des cigarettes contre de la viande ou du parfum. Il peut soudainement aussi revenir comme un leitmotiv destructeur. Désespéré, désœuvré, Yvon chez la vieille femme cherche l'argent puis l'interroge sans conviction, mécaniquement avant de la tuer : " où est l'argent ? "

Yvon était un pur, refusant de ramper comme un chien devant son patron, insensible aux trafics de la prison. Excédé par une contamination du mal qu'il ne maîtrise pas, il se saisit d'une écumoire comme il se saisira de la hache. Le directeur de la prison est tristement prophétique lorsqu'il déclare : " Celui qui n'a tué personne est souvent plus dangereux que tel autre qui arrive chez nous après dix meurtres ".

Yvon ira donc jusqu'au bout de sa révolte et assassinera sans trouver la grâce. Le film se clôt par un plan des clients de l'auberge où Yvon vient de se livrer aux gendarmes. Ceux-ci ont ouvert la porte et emmenant Yvon menotté. Les clients ne semblent pourtant pas leur prêter attention. Ils attendent celui qui ressemblerait à un monstre. Ils fixent la porte dans cette attente du monstre meurtrier : il ne viendra pas. Le monstre sommeille en chacun de nous lorsque l'argent l'a corrompu et personne ne le reconnaît

Dans ce monde corrompu, seuls les êtres veules s'accommodent des trafics en tous genres, ouvrant la porte à ceux qu'ils viennent de voler (Lucien au client) ou dont ils ont reçu de l'argent pour leur mauvaise action (la photographe à la mère de Norbert). Le mal semble passer par les portes. Bresson reprend les principes des films d'horreur où on ne filme pas les visages pour suggérer le parcours d'un mal, invisible aux humains.


Dans ce monde corrompu, les plans de nature ménagent une pause. Avant le meurtre de la famille, Yvon est désespéré par la contamination du mal qui a réduit la veille femme à la servitude volontaire auprès d'une belle-famille qui l'exploite et d'un père alcoolique. La discussion près du lavoir et les noisettes délicatement cueillies et offertes sont l'un des rares moments de répit de ce film empli d'une froide colère.

Jean-Luc Lacuve le 08/06/2006.

Source : cineclubdecaen.com

L'Argent a obtenu le Grand Prix du cinéma de création au festival de Cannes 1983.

Générique détaillé (14)

Producteur délégué :

Jean-Marc Henchoz

Auteur de l'œuvre originale :

Léon Tolstoï

Producteur exécutif :

Antoine Gannagé

Directeurs de la photo :

Emmanuel Machuel, Pasqualino de Santis

Assistant opérateur :

Michel Abramowicz

Chef décorateur :

Pierre Guffroy

Mixeur :

Jacques Maumont

Assistant à la réalisation :

Olivier Péray

Producteurs :

Daniel Toscan du Plantier, Jean-Marc Henchoz

Scénariste :

Robert Bresson

Ingénieurs du son :

Jean-Louis Ughetto, Luc Yersin

Monteur :

Jean-François Naudon

Costumière :

Monique Dury

Musique additionnelle :

Jean-Sébastien Bach

Mentions techniques

Long métrage

Genre(s) :

Fiction

Sous-genres :

Drame

Langue de tournage :

Français

Origines :

France, Suisse

EOF :

Inconnu

Nationalité :

Majoritaire français (France, Suisse)

Année de production :

1983

Sortie en France :

18/05/1983

Durée :

1 h 24 min

Etat d'avancement :

Sorti

Numéro de visa :

56003

Visa délivré le :

06/05/1983

Agrément :

Inconnu

Formats de production :

35 mm

Type de couleur(s) :

Couleur

Cadre :

1,66

Format son :

Mono