En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.

[En savoir plus][OK]

Les brèves

04 mars 2017 à 12:54

3 questions à Lisa Rosman, critique de cinéma américaine

Passionnée de cinéma français, Lisa Rosman pratique la politique des auteurs à la télévision américaine – ce qui n'est pas forcément banal – dans l'émission "Talking Pictures" diffusée sur la chaîne NY1. Elle ne manquerait les Rendez-Vous du Cinéma Français à New York pour rien au monde.

Les Rendez-Vous with French Cinéma à New York sont-ils un événement que vous suivez régulièrement ?

Absolument. J'adore le cinéma contemporain français, il n'est pas assez diffusé aux Etats-Unis. Les films auxquels les Américains sont habitués sont des films "gentils", qui manquent de vision et de profondeur, ce qui est précisément la qualité première du cinéma français. Je suis une fan absolue d'Arnaud Desplechin, et un de mes films préférés de tous les temps est Un conte de Noël, dans lequel il y a absolument tout, notamment une absence totale de respect pour les liens biologiques ! J'adore ça ! L'année dernière, dans mon Top 5 j'avais mis L'Avenir de Mia Hansen-Løve, dans lequel Isabelle Huppert montre tout ce qu'elle sait faire en tant qu'actrice. C'est un film qui parle des désillusions d'une femme d'âge mûr avec une incroyable dignité.

D'où vient cette passion pour le cinéma français ?

Pour moi, le cinéma ne peut pas surpasser la culture du pays dont il est issu. De fait, le cinéma américain est puéril et limité, à l'image de ce que sont les Américains. D'un côté vous avez les adaptations de comics en série, de l'autre les explorations de nombril de riches hommes blancs, soit les films indépendants pour la majorité de cette catégorie. Nous avons eu beaucoup de chance de voir un film comme Moonlight grimper, contre toute attente, au sommet de la pyramide, c'est une des vraies belles surprises de ces six derniers mois. Le cinéma américain indépendant est à sa manière aussi conventionnel que le cinéma commercial, et ce que j'admire dans le cinéma français d'auteur, c'est qu'il aborde des thèmes adultes, et d'une manière très profonde.

Comment qualifieriez-vous le cinéma français, d'un mot ?

Je dirais que c'est un "cinéma de texture", qui exige du spectateur une part de réflexion. Ce qui le distingue des autres, c'est sa capacité d'aborder frontalement ses thèmes. Un film français vous est toujours lancé en pleine figure, il faut le prendre comme tel, et il souvent nécessaire de traverser un process intellectuel pour l'absorber pleinement. Quel que soit le sujet, le film vous fait face, il ne fuit pas, il ne se dérobe pas, qu'il parle d'auto-cannibalisme ou d'immigration. Tout n'est pas pré-mâché à l'avance, et pour moi c'est une marque de respect pour le public, ce que j'apprécie beaucoup.

Auteur : Service Communication

Dernière mise à jour : 07 mars 2017 à 12:54 CET

Lié à cette actualité

Films liés (2)

Personnes liées (3)

Désolé, aucun résultat ne correspond à votre recherche.

Voir tout

Voir moins